Le moustique tigre (Aedes albopictus) n'est plus une curiosité méditerranéenne : il est désormais implanté dans la grande majorité des départements de France métropolitaine. Et l'été 2026 s'ouvre dans un contexte inédit. Après une saison 2025 marquée par un nombre record de cas autochtones de chikungunya, le dispositif national de surveillance a été réactivé du 1er mai au 30 novembre 2026. Voici ce que cela change concrètement, et les gestes qui font réellement reculer le moustique autour de chez vous.
Une saison 2025 sans précédent
Un cas autochtone — ou indigène — désigne une personne contaminée en France, sans avoir voyagé dans une zone où le virus circule. C'est l'indicateur qui inquiète : il signifie que le moustique tigre a transmis le virus sur place, d'un malade à une personne saine.
Or, en 2025, la France métropolitaine a enregistré 809 cas autochtones de chikungunya selon Santé publique France. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur a concentré à elle seule 450 cas autochtones de chikungunya et 16 de dengue, répartis en 35 épisodes de transmission distincts, principalement dans les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône — soit près de 60 % des cas de métropole. La région n'avait jamais connu un tel niveau, et la tendance est à la hausse continue depuis 2022.
Le contexte local explique cette pression : plus de 97 % de la population de PACA vit dans une zone où le moustique tigre est installé. Après avoir passé l'hiver à l'état d'œuf, les larves se développent dès la remontée des températures et donnent des adultes capables de piquer.

Comment fonctionne la surveillance renforcée
Le dispositif repose sur une chaîne simple, mais qui n'est efficace que si le premier maillon fonctionne :
- Le signalement. Tout cas confirmé de dengue, chikungunya ou Zika — importé comme autochtone — doit être signalé sans délai à l'Agence régionale de santé (ARS).
- L'enquête entomologique. L'ARS, avec Santé publique France, investigue autour du lieu de vie du malade pour repérer la présence du moustique et évaluer le risque de transmission secondaire.
- La démoustication. Si le moustique est présent, un traitement de lutte anti-vectorielle est déclenché autour des cas, confié aux opérateurs publics compétents (comme l'EID Méditerranée sur le littoral).
Autrement dit : c'est le diagnostic précoce qui déclenche tout. D'où l'importance de consulter rapidement.
Les symptômes qui doivent alerter
Au retour d'une zone où circulent la dengue, le chikungunya ou le Zika — principalement la zone intertropicale — consultez un médecin sans attendre et signalez votre voyage en cas de :
- fièvre d'apparition brutale ;
- douleurs musculaires et/ou articulaires ;
- maux de tête ;
- éruption cutanée.
En vous protégeant des piqûres pendant cette période, vous évitez surtout de transmettre le virus aux moustiques locaux — et donc à vos voisins.
Le geste qui compte vraiment : supprimer les gîtes larvaires
C'est le point que l'on sous-estime le plus. Le moustique tigre est un moustique domestique et casanier : il naît, vit et pique dans un rayon de quelques dizaines de mètres. 80 % des gîtes larvaires se trouvent chez les particuliers, et une simple coupelle d'eau suffit à produire des centaines de moustiques.
Il ne pond pas dans les rivières ou les étangs, mais dans les petites réserves d'eau stagnante autour de la maison. Chaque semaine, prenez cinq minutes pour :
- vider les coupelles de pots de fleurs, seaux, jouets, cendriers et pieds de parasol ;
- couvrir hermétiquement les récupérateurs d'eau de pluie, bidons et cuves (couvercle ou moustiquaire) ;
- ranger à l'abri de la pluie tout ce qui peut retenir l'eau (brouettes, arrosoirs, pneus) ;
- curer les gouttières et évacuations, souvent bouchées par les feuilles ;
- entretenir piscines, bassins et regards, et renouveler l'eau des vases.
À l'intérieur, complétez par des moustiquaires aux ouvertures, un répulsif adapté sur les zones découvertes, des vêtements longs et amples, et un ventilateur — le moustique tigre vole mal dans les courants d'air. Pour le détail des gestes de protection au quotidien, consultez notre guide moustique tigre : se protéger et limiter sa prolifération.
Une lutte collective… ou inutile
L'écueil classique : traiter chez soi pendant que la coupelle du voisin continue de produire des larves. Le moustique tigre se déplaçant peu, l'efficacité dépend de la couverture du voisinage. Parlez-en autour de vous, dans la copropriété ou lors des réunions de quartier : une rue mobilisée obtient des résultats qu'un jardin isolé n'atteindra jamais.
Attention également à une idée reçue : pulvériser un insecticide sur les adultes ne règle rien durablement. Sans suppression des gîtes, les pontes reprennent en quelques jours, et les traitements répétés favorisent les résistances. La démoustication ciblée mise en œuvre par les autorités autour des cas est un outil de lutte anti-vectorielle d'urgence, pas une routine de confort.
Quand faire appel à un professionnel
Si, malgré une élimination rigoureuse des gîtes, la pression reste forte — jardin arboré, copropriété avec bassins, local professionnel, terrasse de restaurant — un diagnostic professionnel permet d'identifier les gîtes non visibles (regards, siphons, avaloirs, rétentions cachées), d'appliquer un traitement larvicide adapté et de mettre en place des solutions durables (pièges pondoirs, moustiquaires, aménagements).
Découvrez nos services de traitement anti-moustiques et nos solutions de protection et pièges. Vous pouvez aussi consulter nos tarifs et vérifier nos zones d'intervention.
Une prolifération de moustiques tigres chez vous cet été ? Contactez nos experts pour un diagnostic et une intervention adaptée — et en cas de situation urgente, notre service d'urgence répond dans la journée.
En résumé — la surveillance est active jusqu'au 30 novembre 2026, le signalement d'un cas déclenche enquête et démoustication, et l'essentiel se joue chez vous : une coupelle vidée chaque semaine vaut mieux qu'un insecticide.



